Les agents pathogènes les plus problématiques sont les bactéries à Gram négatif telles que E. coli et Klebsiella pneumoniae, responsables d’infections graves. Plus de 70 % des souches identifiées en Afrique montrent une résistance aux céphalosporines de troisième génération, une classe d’antibiotiques parmi les plus puissantes. Cette situation réduit considérablement les options thérapeutiques disponibles et menace les progrès médicaux réalisés ces dernières décennies.

Les experts de l’OMS estiment que la mauvaise utilisation des antibiotiques, l’automédication et le manque de contrôle dans les secteurs de la santé animale et humaine accentuent la propagation de cette résistance. Dans plusieurs pays africains, les infrastructures de laboratoire et les systèmes de surveillance restent insuffisants pour mesurer l’ampleur réelle du phénomène.

Face à ce constat, l’OMS appelle les États africains à renforcer leurs systèmes de laboratoire, à réguler la vente des antibiotiques et à promouvoir leur usage raisonné, tant en santé humaine qu’en agriculture. Sans action concertée, avertit l’agence onusienne, la résistance antimicrobienne pourrait devenir la prochaine grande crise sanitaire mondiale.